- mardi 11 décembre 2007

Vous connaissez ce poème intitulé La Merveille, c'est ma Maman ?
Je l'ai découvert il y a une dizaine d'année lorsque ma petite soeur (alors en maternelle) l'a ramené de l'école comme cadeau pour la fête des Mères. Joliment décoré, j'ai tout de suite accroché à ce qui me semblait être une évidence : la Meilleure, c'est ma Maman, à moâ.
Bien évidemment je suppose que tout le monde pense la même chose de la sienne... Fort heureusement !
Ne cessant de m'étonner au cours de ces 24 dernières années (elle me supporte depuis tout ce temps, c'est dire !), elle s'est illustrée une fois encore jeudi dernier. Et je ne saurais trop l'en remercier pour ça...

Voilà un peu plus de 3 mois que je préparais ce voyage : Entre les réservations d'avion, de bus, de l'hôtel, et la sélection des monuments à voir et des endroits à visiter, on peut dire que je n'ai pas chômé...
Légèrement irascible et un peu sur les nerfs ces derniers jours, je terminais d'imprimer les derniers plans à 23h30 la veille du départ : Comment se rendre de l'arrêt de bus à la station de métro ? Comment aller de la station de métro à l'hôtel ? Quel chemin emprunter pour se rendre de la station à Wembley Arena ? Autant d'éléments que je tenais à maîtriser pour nous permettre d'arriver le plus rapidement sur le lieu de concert et être en bonne place dans la file d'attente...
Non pas que faire la queue au milieu d'adolescentes en délire me réjouisse au plus haut point : Je voulais simplement permettre à ma soeur de profiter au maximum du concert en étant le plus prêt possible de la scène. (Ai-je précisé qu'elle avait tenu à avoir des places standing, c'est-à-dire dans la fosse ?)

Outre le fait d'en être responsable, je tenais vraiment à ce que tout soit parfait pour son cadeau de Noël...
C'est donc légèrement stressée et appréhendant au plus haut point la journée du lendemain que je me couchais ce mercredi soir.
Réveil réglé sur 08h00, je chargeais les bagages dans le coffre à 09h30 avant de vérifier pour la 5ème fois de la matinée que les billets de concert et les réservations d'avion étaient dans mon porte-monnaie. Après un rapide détour par la station essence, je mis le cap sur l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Début de l'enregistrement à 10h35 et décollage à 12h35 : On était largement dans les cordes.

Le temps de trouver une place de parking et de faire un arrêt stratégique aux WC, il était 10h45 à ma montre lorsque je déposais sereinement cartes d'identité et réservation électronique sur le comptoir d'enregistrement.
Lorsque les deux hôtesses commencèrent à discuter entre elles tout en fronçant les sourcils, je sus que quelque chose n'allait pas. J'avais pourtant tout vérifié moi-même : la validité de nos carte, la date et l'horaire... Pas de doute, nous étions en règle.
C'est en redoutant fortement la réponse et d'une voix que je voulus dégagée que je posais la fameuse question :

"Y a-t-il un problème ?"
La réponse fut sans appel : "On ne peut pas vous laisser partir. Il nous faut une autorisation de sortie du Territoire."

Je vous laisse imaginer le bac d'eau glaciale qui m'est tombée dessus à cet instant précis.
Une autorisation de sortie du Territoire ? Késako ?!?

"Je ne comprends pas : je suis majeure, il s'agit de ma soeur et j'ai pleine autorité. J'ai déjà voyagé avec elle sans aucun soucis."
"A partir du moment où vous voyagez dans l'Hexagone, cela ne pose pas de problème, mais il s'agit d'un vol pour Londres. Et sans autorisation de sortie du Territoire, nous ne pouvons pas vous faire décoller."
"En plus, vous ne portez pas le même nom de famille..."

Eh oui... Nous sommes le parfait exemple de la famille recomposé.
Mais jusqu'à présent cela ne m'avait jamais dérangé !
C'est avec une énorme boule dans la gorge que je sortis mon téléphone portable pour appeler Maman : "Oui, c'est moi. On a un problème, ils ne veulent pas nous laisser décoller : il nous faut une autorisation de sortie du Territoire pour Alexandra."

Les questions fusèrent au fur et à mesure de son analyse : "Peut-on l'envoyer par fax, ou par mail ? Le livret de famille ne suffit-il pas comme preuve de parenté ? Et si je viens signer une décharge ? etc...".
Une réponse négative était renvoyée à chacune de mes interrogation, augmentant un peu plus ma crainte de nous voir clouées au sol : Le seul document qui nous permettrait de prendre l'avion serait l'original de cette autorisation.

Au moment de raccrocher, Maman filait à la Mairie pour tenter l'impossible.
De mon côté, je n'en menais pas large... Et je tentais vainement de faire bonne figure en me tournant vers Alexandra.
Il était 11h00 et l'avion suivant décollait à... 20h30 soit 2h30 après le début du concert. Autant dire que c'était cet avion-là ou pas de voyage du tout !

Le temps défilait et il était 11h15 à ma montre, lorsque mon téléphone sonna : "Il n'y a aucun élu à la Mairie, la Gendarmerie est fermée et la secrétaire refuse de me donner le papier. Je vais voir si je trouve Sylvie ou Claude (nota : 2 élus locaux)."
Le sentiment d'impuissance total que j'éprouvais me pris aux tripes lorsque je vis ma soeur, me regarder avec de grands yeux brillants et me dire : "C'est pas grave, tu n'y peux rien."
En me baissant pour la prendre dans mes bras, je ne pus que me maudire de ne pas y avoir penser et essuyer les larmes de déception qui coulaient sur ses joues.

Le coup de fil suivant me redonna un peu d'espoir : "C'est bon, je l'ai... J'arrive !"
N'en croyant pas mes oreilles, je jetais un oeil à ma montre : 11h25. Serait-elle là à temps ?
Je fis le forcing auprès des hôtesses pour que les bagages soient enregistrés quand même : le papier était en route, il allait arriver !

Ce fut l'heure la plus longue de toute ma vie...
Je consultais les aiguilles de ma montre toutes les 30 secondes avec le secret espoir de pouvoir les ralentir.
A chaque voiture qui s'engageait sur la voie d'accès, je croyais distinguer le 807 Bleu Marine tant attendu.
Lorsqu'enfin, à 12h28 très précisément, je vis Maman s'engager sur la bretelle. J'ouvris la porte le temps de prendre le papier, de l'embrasser et de la remercier pour ensuite courir vers le hall où le responsable des départs nous attendait.
Prises en charge, nous n'eûmes qu'à le suivre au pas de course à travers l'aéroport et les différents contrôles pour être déposées devant la porte d'embarquement.

A 12h35 l'avion quitta la piste d'envol. Encore sous le choc, je ne réalisais pas ce qui venait de se passer...
Et les 2h00 de vol ne seraient pas de trop pour digérer cet épisode !

Un grand merci au personnel d'Easyjet qui a été on ne peut plus compréhensif et tolérant.
Mais surtout : une standing ovation pour Maman qui a assuré comme jamais et qui a relegué au rang d'amateur Flash Gordon, Indiana Jones et Wonder Woman réunis !

Commentaires

1. mardi 11 décembre 2007 à 09:48, par Bibi

Qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour ces filles chéries! Elle n'est pas formidable? D'ailleurs je l'embrasse également très fort!
Mais je confirme que pour chacun la Meilleure, c'est sa Maman :)

Bisous

Ajouter un commentaire

Les commentaires pour ce billet sont fermés.