Trois livres, trois sujets et trois styles différents...
Fantaisie totale, réalisme éxacerbé ou récit historique, ces trois livres ont chacun à leur façon retenu mon attention.
Et vous, qu'en avez-vous pensé ?
- L'Elégance du Hérisson, de Muriel Barbery

- Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. - Mon avis :
Je ne vous cacherais pas que j'ai été plus qu'emballée par le résumé figurant au dos du livre. Rafraîchissant, marrant et totalement atypique : "Voilà une histoire qui promet !", me suis-je dis. Et en effet, le récit recèle un certain nombre de rebondissements auxquels le lecteur ne s'attend pas, l'apothéose se trouvant d'ailleurs dans les dernières pages.
Cependant, j'ai rarement été plus mitigée sur un livre que je ne le suis sur celui-ci : l'histoire vaut le détour, je ne reviendrais pas là-dessus mais j'avouerais avoir été plus qu'agacée par certains passages pseudo-philosophiques (que j'ai d'ailleurs fini par passer). Outre le fait qu'ils n'apportent, selon moi, pas grand chose à l'histoire, je trouve qu'il n'y a rien de plus énervant que de devoir relire trois fois une phrase pour en comprendre le sens.
L'auteur a mélangé humour et philosophie et je regrette que l'alchimie obtenue ne soit pas conforme à ses attentes, ou plutôt aux miennes. - Enrôlé de force, de Julian Stockwin

- 1793. L'Angleterre est en guerre, et seule sa marine peut la protéger des menaces d'agression françaises. Mais, pour armer ses navires, il lui faut des hommes, et les volontaires se font rares. Aussi ses recruteurs vont-ils très loin dans les terres pour en enrôler. Le plus souvent par la force...
C'est ainsi que Thomas Kydd, un jeune perruquier de Guildford, est enlevé dans une taverne avec d'autres 'terriens' comme lui, et engagé sans autre forme de procès dans l'équipage d'un vaisseau de ligne de 98 canons, le Duke William. Le navire appareille aussitôt, emportant à son bord ce garçon à peine sorti de l'enfance.
Malgré l'horreur de ce premier contact avec la mer, le jeune homme va montrer sa détermination à tirer le meilleur parti de cette existence effroyable que lui impose le destin. - Mon avis :
Il ne s'agit pas d'un livre que je n'aurais pas acheté moi-même, car autant le dire tout de suite, la lecture de la jaquette ne m'a pas transcendé. Je voyais déjà la trame historique et le récif un peu poussif relatant la vie de ce jeune marin embarqué de force sur le Duke William.
Mais à ma grande surprise, au bout de quelques pages (après un départ un peu lent), on se prends à l'histoire et on commence à suivre avec intérêt les aventures de Thomas. Pour finir, à la fin de l'ouvrage par regretter de ne pas avoir le tome suivant !
La vie à bord décrite dans un style très détaillé (trop parfois) permets au lecteur d'avoir une petite idée de ce qu'était la vie d'un marin aux XVIIIème - XIXème siècle. Et je peux vous le dire : c'était pas de la tarte !
- Sonderkommando, de Shlomo Venezia

- "Je lis de très nombreux récits d'anciens déportés qui me replongent chaque fois dans la vie du camp. Mais celui de Shlomo Venezia est particulièrement bouleversant puisqu'il est le seul témoignage complet que nous ayons d'un survivant des Sonderkommandos... La force de ce témoignage tient à l'honnêteté irréprochable de son auteur qui ne raconte que ce que lui-même a vu, sans rien omettre... Avec ses mots simples, Shlomo Venezia redonne vie aux visages émaciés, aux regards exténués, résignés et souvent terrorisés, de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qu'il croise une seule et dernière fois... ", Simone Veil.
Issu de la communauté juive italienne de Salonique, Shlomo Venezia fut déporté à l'âge de 21 ans à Auschwitz-Birkenau, et incorporé dans les Sonderkommandos, dont il est un des très rares rescapés. Ces 'équipes spéciales' étaient chargées par les SS de vider les chambres à gaz et de brûler les corps des victimes, avant d'être éliminées à leur tour au bout de quelques mois. - Mon avis :
Ayant aperçu la présentation du livre dans le journal, je me suis empressée de le commander pour mon anniversaire, et c'est un choix que je ne regrette pas. La lecture de ce récit vous plonge dans l'incompréhension totale du genre humain et dans l'incrédulité absolue.
On le sait, on nous l'a enseigné, on nous l'a appris, on nous en a parlé... Mais jamais on a réalisé le centième de l'horreur que cela a représenté. Avec ce récit, on touche du doigt ce que les déportés ont vécu et en particulier ce que les membres des divers Sonderkommandos ont dû affronter.
Mon seul regret tient au fait que le récit soit livré sous la forme d'une interview (ce qu'il est à l'origine) et que la trame ne repose que sur les questions posées par Béatrice Prasquier. Je ne peux bien sûr pas dire que j'ai adoré ce livre, mais je le recommande à toutes les personnes qui s'intéresse un tant soit peu à l'histoire, ainsi qu'aux différentes générations pour qui le "devoir de mémoire" a une signification.





Commentaires
1. lundi 24 septembre 2007 à 13:41, par anonyme
2. lundi 24 septembre 2007 à 21:38, par Corinne
3. lundi 24 septembre 2007 à 22:11, par Rodolphe
4. mardi 25 septembre 2007 à 18:18, par Corinne
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